Qu’elle était belle ma Lorraine!

De petites fermes alignées le long de la rue, bien serrées les unes contre les autres pour se préserver du froid en hiver et du chaud en été, les petits jardins derrière les arrière-cours, puis le cimetière (à l’époque on n’éloignait pas les morts), puis la petite-rivière, puis les côteaux et leurs mirabelliers aux fruits si savoureux, puis la forêt, les bois communaux où chacun avait sa « coupe » pour se fournir en bois de « chauffe ».

Tiens, il y avait des biens communs dans nos villages d’antan? Comment était-il possible de vivre sans que tout soit privatisé au profit de quelques uns?

Et si on recréait des terres communes un peu partout, pour les confier à des êtres humains qui travailleraient ensemble de manière coopérative?

On a offert la Lorraine aux exploitants miniers, les enfants des petits-paysans sont allés travailler dans les mines, puis la sidérurgie, les fermes ont été vendues et transformées en grandes exploitations jamais rentables parce qu’il manque toujours quelques hectares, puis les mines et usines ont fermé, laissant à l’abandon les « friches industrielles ».

La Lorraine est striée par les voies de communication, qui ne font que la traverser, pour déverser en tout sens les produits de la société de consommation, qui commence à battre de l’aile.

Les enfants des petits-paysans ne suffisant pas à fournir suffisamment de main d’œuvre, on avait fait venir des milliers de travailleurs étrangers, dont les enfants ont bien du mal à trouver du travail. Les petits-enfants des petits-paysans ont peur  et certains malfrats exploitent leurs peurs après les avoir exploités , eux.

En quelques décennies, une longue histoire, un habitat, un style de vie, ont été quasiment effacés.

Quelles sont les perspectives à part les usines éphémères des chasseurs de prime à l’ « aménagement territorial »?

Il faut commencer à reconstruire un équilibre passé, avec bien-sûr des touches de modernité.

Le « bois communal » et ses ressources partagées est un embryon de système coopératif. Le petit jardin derrière la ferme garantissait une certaine autonomie et une certaine liberté.

Est-il impossible de planter des triptyques de mirabelliers en commençant par la Lorraine, meurtrie aussi par les guerres absurdes du passé?

Le style de vie de l’époque d’avant l’éphémère industrialisation était partagé en Lorraine par des habitants qui parlaient des langues et dialectes différents et pourtant ils se sentaient bien lorrains. La communauté d’appartenance peut ne pas dépendre du monochrome linguistique, comme on essaie de le faire croire à nos voisins belges.

A quand une coopération lotharingienne?

Le vert et le jaune des terroirs lorrains au printemps et en été comme symbole d’un retour aux sources et d’une grande pause dans la fuite en avant? Pourquoi pas!

Publicités
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s