Individualisme ou autonomie

L’individualisme actuel résulte en partie du fondement du libéral-totalitarisme. L’addition des égoïsmes, la satisfaction de l’instinct d’accaparement sans cesse exacerbé par la publicité, devaient permettre un équilibre, perpétuellement en mouvement, du marché, une croissance sans fin des productions de biens matériels.

Cela fait deux siècles et plus que cette idéologie se développe, jusqu’au stade actuel de la mondialisation « libérale »( pour le « marché », pas pour les autres libertés).

L’échec est patent. Cette mécanique a toujours besoin d’esclaves pour fonctionner. Esclaves,  au sens littéral ou figuré.

Elle a besoin d’une caste intermédiaire à son service, qui profite des miettes que veulent bien lui laisser ceux qu’on appelle parfois des vautours, ou d’autres fois des requins de la finance. Le bestiaire est parfois surprenant car les vautours sont des éboueurs de la nature et pas des superprédateurs.

La lutte pour le respect des droits individuels n’est pas synonyme d’individualisme. Il s’agit du respect de la dignité, du droit à la satisfaction des besoins fondamentaux, à l’éducation, de la liberté de s’organiser, de s’ exprimer, de croire ou de ne pas croire. L’individualisme économique est une sorte de perversion des droits individuels car il s’appuie souvent sur la destruction des autres droits. Parfois brutalement, dans les dictatures diverses et variées, parfois progressivement, comme dans le libéral-totalitarisme. Tout est bon pour réduire les biens communs, les services publics, l’esprit mutualiste et coopératif au profit d’un marché insatiable. On appelle cela la « modernisation ».

Quand une variété d’esclaves devient trop coûteuse, parce qu’ils se sont défendus et ont gagné quelques avantages sociaux, on déplace les activités vers d’autres contrées et on recommence, en faisant croire aux nouveaux esclaves que le nirvana est accessible. Si les esclaves surpassent Spartacus et s’emparent du pouvoir qu’ils ont bien du mal à gérer, évidemment, puisqu’on ne leur pas appris l’autonomie, et qu’ils ont une soif de vengeance compréhensible, on s’empresse de les chasser. Tous les moyens peuvent être alors utilisés pour préserver la liberté d’exploiter en rond.

Pendant ce temps, le droit d’acheter et de vendre continue de faire croire qu’ on est libre.

Il y a une nouvelle crise majeure qui peut casser cette mécanique infernale: la crise environnementale.

Impossible de croître sans fin dans un système fini. Beaucoup de ressources minérales seront rapidement épuisées, même si la voracité du système pousse à en rechercher toujours davantage.

La crise climatique anthropique est aussi une menace majeure. C’est d’ailleurs ce qu’ont bien compris ceux qui ont fait quasiment échouer la COP de « Copenhague », et il font tout pour masquer les risques, afin de satisfaire encore un peu les prédateurs dont ils sont les mandataires.

Il y a des justifications matérielles à la recherche d’un ou de plusieurs systèmes économiques alternatifs comme mon idée de triptyque économique.

Il y a surtout des raisons morales, de dignité humaine.

L’autonomie locale, sous forme de structures coopératives de maraîchage, de production d’énergie locale, sur le principe un être humain/une voix est une piste intéressante. Cela permet de réapprendre le vivre-ensemble, en s’appuyant sur certaines formes de coopération locale qui existent (fouillez mon « blogroll » ). Cela n’exclut pas la propriété individuelle de son habitat personnel car c’est une sorte d’instinct. Cantonné à ce domaine, l’individualisme est même, à mon avis estimable, car il responsabilise et évite de retomber dans des excès connus dans le passé. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’individualisme si la demeure est modeste et qu’elle permet L’AUTONOMIE énergétique et alimentaire, même partielle. Il y a ce qui peut et doit, quand c’est possible, se faire au niveau individuel. Ensuite il y a tout ce qui peut se faire ENSEMBLE, au niveau local, de préférence sous forme coopérative pour casser le binôme infernal employeur/employé. Tout cela existe sous des formes variées: SEL, AMAP, SCOP et d’autres, à inventer. Il ne s’agit pas d’une construction mentale qui débouche malheureusement souvent, sur les « lendemains » désagréables, mais de développer ce qui existe d’alternatif. Ce n’est pas facile. Il faut éduquer différemment, apprendre l’autonomie et certaines formes d’autarcie collective locale. Ne relève des échelons plus vastes, régions, pays, que ce qui ne peut pas matériellement se faire localement et qui est considéré comme nécessaire, en tenant compte des impératifs de diminution des rejets de GES liés aux excès de déplacements. Patiemment, une alternative peut se construire pour déboucher sur un monde plus respectueux du bon sens et qui ne finisse pas comme dans le Voyage de Gulliver à Laputa:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Voyages_de_Gulliver#Voyage_.C3.A0_Laputa.2C_aux_Balnibarbes.2C_.C3.A0_Glubbdubdrib.2C_.C3.A0_Luggnagg_et_au_Japon

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