Sombres perspectives dans le système économique actuel

Dans le dernier ouvrage de Jacques Attali, « Tous ruinés dans dix ans? Dette publique: la dernière chance » (Fayard), l’idée de fond est que le poids de la dette risque fort de nous conduire vers des politiques d’ « assainissement financier », qui vont continuer de déstructurer notre système de protection sociale et de projeter beaucoup de monde, y compris les classes moyennes dans la pauvreté.

Jacques Attali affirme, page 187, que » Cela suppose d’abord de ne pas céder à l’illusion de la décroissance, qui aggraverait le poids de la dette et réduirait le pouvoir d’achat de l’avenir ».

Donc, si je comprends bien, il faudra une pauvreté momentanée pour relancer la croissance, probablement grâce à une main d’œuvre pas chère.Cela veut-il dire que, tour à tour, les peuples doivent passer par des étapes de pauvreté pour que les recettes du capital se maintiennent, ou progressent?

Il manque un élément fondamental dans le raisonnement de M. Attali. Que la croissance se fasse ici ou ailleurs, avec des phases d’inversion entre ici et ailleurs, il y a des limites matérielles à la croissance. Beaucoup de matières premières  seront un jour épuisées. Les changements climatiques anthropiques, et d’une manière plus générale, les ravages dont nous sommes responsables, dans le domaine de la biodiversité, et beaucoup d’autres, impliquent de réduire la pression humaine sur la nature.

Cela passe nécessairement par des formes de décroissance des prélèvements. M. Attali passe un peu vite sur le concept de décroissance.

Qu’il faille décroître uniquement pour des raisons  « financières », liées aussi à la spéculation n’en implique pas moins l’idée de décroissance. Autant que cela soit pour des raisons plus fondamentales que le maintien d’un système inhumain. Ce n’est pas l’argent, qui doit être au centre de l’économie, mais l’humain.

Il serait donc souhaitable de proposer un autre paradigme, fondé sur la coopération et non sur une concurrence malsaine, qui fait faire des mouvements de Yo-Yo aux économies locales, dans un cadre de croissance perpétuelle globale, destructrice du lien social et de la nature.

Commencer par développer un vaste secteur « coopératif », en s’appuyant sur ce qui existe dans ce domaine, est la voie indiquée par le triptyque économique.

La frugalité, la sobriété énergétique sont des nécessités absolues, que n’envisage pas cet ouvrage.

D’autres secteurs peuvent croître sans fin: la culture, l’éducation, et sans doute bien d’autres.

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Un commentaire pour Sombres perspectives dans le système économique actuel

  1. CLAVERO dit :

    Désolé mais je ne peux m’empêcher d’appuyer cet article. Atali qui a été brillant avant 1981 se produit régulièrement dans des ouvrages de futurologie peu convaincants à mes yeux (par exemple Une brève histoire de l’avenir). Qu’il faille penser à la frugalité est une évidence. Mais elle ne sera jamais acceptée dans un climat délétère d’injustice et de mépris du peuple, de la démocratie et de nos valeurs. Faire porter l’effort sur les ménages et la consommation courante c’est renier le travail républicain accompli depuis Joseph Caillot en 1914 (création de l’impôt sur le revenu)! Je dirai comme Vian : « S’il faut donner son sang, allez donner le vôtre ». Cette guerre économique n’est pas la nôtre ! Nos enfants seront les soldats d’un autre combat – écologique et social – mais ce sera leur combat, pas celui des nantis.

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