Faux progrès

Depuis le Siècle des Lumières, l’idée de progrès s’est propagée dans beaucoup de régions.

Certains assimilent cela à la culture de l’occident. Ce n’en est qu’une dimension, et cette dimension a, pour moi, une valeur universelle. Il s’agit des droits de l’être humain, de la démocratie, de l’accès à la connaissance, de la culture, de la liberté de penser en dehors des dogmes dominants.

La dimension économique et son avatar actuel, le libéral-totalitarisme, ne sont que des dérives des idéaux du siècle des Lumières. La liberté du commerce de l’époque  était une demande forte de quitter l’ emprise des féodalités. Quand cela devient un totalitarisme, qui élimine toutes les alternatives d’organisation sociale, qui détruit le lien social, maintient dans la pauvreté et la précarité les perdants de ce système, et qui détruit la planète qui nous héberge, ce n’est plus un progrès mais un danger majeur.

De l’idée de progrès, en quelques décennies, nous sommes passés à une idée de progrès purement matériel, parfois exacerbée par les méthodes publicitaires, qui donnent l’apparence de progrès à des changements cosmétiques.

On change la forme de l’avant d’une voiture et on lance une campagne sur « le nouveau modèle ». L’idéologie dominante, qui s’appuie sur les phénomènes de mode,  va faire courir les consommateurs, qui veulent rester à la page!

Ceci est un exemple de faux progrès facilement détectable.

Il y a aussi les faux-progrès à moyen terme. On va vendre des produits chimiques qui vont faire augmenter les rendements agricoles et on va se rendre compte, quelque temps plus tard, que les nappes phréatiques sont gravement polluées et que certaines maladies se développent. Le principe de précaution est une protection contre les faux progrès à moyen terme, à l’échelle d’une vie humaine.

Et il y a les conséquences des faux progrès  dont la toxicité n’est pas compréhensible à l’échelle d’une vie humaine. Les modifications climatiques anthropiques sont à ce niveau. Des modifications à peine perceptibles, qui semblent parfois démenties localement, si un hiver est un peu rude ou, à l’inverse surestimées en cas de canicule, empêchent d’avoir une bonne vision à long terme. Cette vision à long terme est précisément le travail du GIEC, dans ce domaine.

Face aux risques actuels, certains remettent en cause la science et se recroquevillent sur l’irrationnel, le mysticisme, ou le retour vers un passé devenu un mythe enchanteur. La solution est dans la science, une science au service de l’être humain, d’un être humain qui respecte la nature, parce qu’il en dépend, et non pas d’une science qui produit de la technologie  au service d’intérêts financiers aveugles.

Les vrais progrès  sont, par exemple, dans ce qui facilite notre vie, sans la dénaturer, sans détruire le lien social librement consenti, en pensant aux générations suivantes.

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