Méthode perfide: profiter des crises pour appliquer les théories de Milton Friedman.

L’ouvrage remarquable de Naomi Klein, « La Stratégie du Choc »(Babel) est une lecture hautement recommandable  pour y voir clair dans les dérives de la mondialisation actuelle.

Pour Naomi Klein, les méthodes douteuses de torture mise au point par la CIA, afin de créer chez la victime, un choc qui la rend docile, sont intimement liées aux rêves de l’école économique dite de Chicago, celle de Milton Friedman, qui a appliqué ces « chocs » au domaine économique, parfois en profitant, sinon en suscitant, des chocs politiques majeurs.

La première expérimentation totale du système fut le sud  de l’Amérique Latine, en particulier le Chili.

Le but était de faire table rase d’un système d’économie mixte,  modéré, mais insupportable pour les « corporatistes » du « big business ». Officiellement, les putschistes parlaient de lutte contre le marxisme et le communisme, mais ce qui a été éradiqué, à cette époque, était une forme de social-démocratie. De même en Argentine, au Brésil, et en Uruguay, il y a quelques décennies.

Le choc qui a permis aux économistes formés par Friedman  de passer à l’action a été un coup d’état, à chaque fois.

La torture, pratiquée  par ces régimes dictatoriaux, utilisait les méthodes suggérées par la CIA, d’après Naomi Klein.

La crise financière de 2008, puis maintenant la crise économique,  sont des situations de choc, qui permettent des « thérapies » violentes, comme les politiques de réduction massive des dépenses gouvernementales, en Grèce, en Grande-Bretagne et un jour, dans beaucoup d’autres pays, comme en France.

Le système ultra-libéral est devenu libéral-totalitaire,  à une certaine époque, en Amérique du Sud.

Glissons-nous doucement vers une variété européenne de ces traitements de choc pour profiter de la sidération provoquée par la crise afin de balayer les restes , les traces d’un système équilibré, où tout ne relevait pas du libéralisme absolutiste.

Les méthodes policières plus voyantes dans les manifestations récentes, les dérapages finalement assez fréquents, l’omniprésence de caméras de surveillance et de radars automatiques,  préparent un monde qui dérive vers celui d’Orwell, un monde « sécuritaire »,  au service de grands intérêts.

Pour l’instant, cela se fait progressivement. Sommes-nous en train de nous habituer, à l’image de la grenouille dans un bocal dont l’eau chauffe lentement et qui ne s’en rend compte que trop tard, (cette image sert parfois à expliquer l’insensibilité aux changements climatiques), sommes-nous en train de nous habituer à une nouvelle variété de libéral-totalitarisme, qui chauffe doucement le bocal, si doucement que, comme la grenouille, dans ce cas, nous ne réagissons pas,  en tout cas, pas en nombre suffisant? Si nos concitoyens qui ne sont pas encore zombifiés par l’acculturation collective étaient plongés brutalement dans un bocal d’eau bouillante, ils bondiraient  en dehors du bocal et se rebelleraient. La méthode actuelle est plus insidieuse,  mais nous avons déjà la  destruction du lien social, la privatisation de tout,  bref le programme de l’école de Chicago!

Mon idée de Triptyque Économique se veut une voie alternative équilibrée,  qui tient compte de la dignité humaine, du respect de la variété, et des impératifs environnementaux.
Il est impossible de croître infiniment dans un système fini: tout frein à l’idée de croissance sans fin des profits et de la marchandisation de tout est  insupportable pour les libéraux-totalitaires,  et donc cette idée le sera également.

La prise de conscience tarde. Je fais ce que je peux pour la susciter.

Les mêmes bénéficiaires du libéral-totalitarisme  sont aussi les groupes qui ont aidé les climato-sceptiques (voir le livre de Stéphane Foucart, « Le Populisme Climatique », et ceux qui ont suscité les Tea-Parties( voir le site de George Monbiot, du Guardian( en anglais).

Big Brother  n’est pas loin!

Dans les années trente, la sortie de crise s’était effectuée avec un renforcement du rôle de l’état, et non pas par la disparition de l’état. Ce qu’on nous inflige est caricaturalement inefficace,  sauf pour susciter la pauvreté, la disparition des classes moyennes,la résignation  et l’enrichissement sans fin des accapareurs et de leurs sbires.

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3 commentaires pour Méthode perfide: profiter des crises pour appliquer les théories de Milton Friedman.

  1. TSCHOCKE Christian dit :

    la manipulation des masses est une arme redoutable. Les sciences »dures » ont plusieurs fois été infiltrées par les pouvoirs totalitaires, qu’ils soient politiques, militaires ou religieux. Horgiger sous Hitler, les climato-sceptiques de nos jours, les créationistes etc…. Les sciences humaines sont également assiégées par ceux qui veulent dominer plutôt que gouverner. L’histoire est les revisionistes, et l’économie aujourd’hui dont le mode capitaliste se nourit de transgression.

    Eveillons nous, il est temps d’élever nos consciences pour devenir des citoyens responsables.

  2. deplanque dit :

    Ce commentaire est très réaliste mais ne nous laissons pas berner, car comme je le disais à mon ami des animaux Michel Pourny et grand photographe de surcroît, l’argent n’existe pas ce ne sont que des chiffres alignés. Comme ce centre financier (Direction Générale des finances publiques) j’aime surtout « publiques « qui est en cheville avec les banques les assurances et toutes ces sectes en bonne compagnie des multinationales et de la religion tous sont des filous pas mieux les uns des autres qui me demande 5096€ à quoi cela rime à vouloir me faire peur ? Non car sortit de cette valeur ils ne connaissent rien d’autre. Les pauvres, je les plains. Quelle triste vie ! Les plus démunis sont plus forts.
    A mon humble avis. Je n’ai pas peur ni pour moi ni pour mes enfants, notre arme c’est de ne pas avoir peur d’être sereins.

  3. duparc dit :

    de tout temps il a fallu lutter!
    je crois que ce que tu écris est un bon gold standard; l’expérience prouve que deux signes nous déclare efficace; le premier quand de par notre action on est menacé ( par ceux qui commandent le pillage) et deuxièmement lorsque l’on parviens à amener d’autres de nos contemporains à résister, ou mieux à entrer en résistance.
    Selon les circonstances, les modes varient mais quand la menace se fait sentir le temps de l’action en réveille quelques uns, la majorité quoiqu’il arrive restera léthargique. Probablement que le temps de la réaction n’est pas encore venu…mais le miroir aux alouettes va rétrécir de plus en plus vite, ou grossir selon l’imagination de chacun…ma seule question est de savoir s’il ne sera pas trop tard.
    certains des processus que l’on dénonce sont plus que séculaires; cela a débuté quand il y avait encore des morues et des baleines aussi.
    Si on y regarde de plus prés, on considère que les neandertaliens sont restés en tout plus de temps que nous sur la planète, nous homos sapiens; sommes nous à durée de vie longue ou courte? sera t’on suivi par une nouvelle race mutante d’homos quelque chose? La réponse me parait simple au rythme où vont nos actions de dégradation de la planète, il ne va pas nous rester beaucoup de temps et il ne faudra pas attendre 5OO OOOans pour que la fin du vivant se fasse.
    oiseau de mauvaise augure? je ne sais pas, mais humain espèce la plus prédatrice de son milieu surement.
    On va continuer… même les jours sans lumière!
    en tous cas bravo pour tes écrits qui réveillent notre torpeur fataliste.

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