Junk Science= science pourrie

Page 159, dans son ouvrage remarquable, « Notre Poison Quotidien » (Arte Editions) Marie-Monique Robin analyse les méthodes d’un certain nombre de multinationales pour jeter le discrédit sur les vrais scientifiques honnêtes quand les recherches de ces derniers nuisent à leurs intérêts. Certaines de ces multinationales  emploient alors directement ou indirectement des scientifiques rémunérés  pour semer le doute sur ce qui entrave les intérêts de ces entreprises.

La méthode, bien au point, a été utilisée à de nombreuses reprises, à propos des changements climatiques. Les « mercenaires de la science » ( page 163) s’échinent à produire des travaux bricolés pour que le public et les autorités ne se détournent pas de leurs produits, même s’ils sont gravement toxiques.
Leur méthode: prétendre que la vraie science est « pourrie » alors que c’est exactement l’inverse. Cette méthode orwellienne a des ramifications mondiales.

Si, après avoir lu soigneusement l’ouvrage  de Marie-Monique Robin, vous écoutez les joueurs de pipeau, et si alors, vous commencez à douter, c’est que le but est atteint. Il vous faudra ensuite refaire un énorme travail de vérification scientifique, si vous le pouvez, pour y voir clair.

La Junk Science existe donc: c’est, comme l’écrit l’auteure, celle « qui est promue et pratiquée par ceux-là mêmes qui ont inventé ce terme peu reluisant ».

Le but étant le plus souvent de protéger certaines énormes multinationales, la méthode est décrite parfaitement page 171. Je note qu’elle s’appuie sur certains « think-tanks » généralement ultra-libéraux. Sur les sites de certains de ces groupes de pression, on peut noter qu’ils favorisent l’émergence de mouvements politiques contre les réglementations diverses. Les « Tea-Parties » sont un exemple actuel, mais auparavant les néo-conservateurs, et la « dérégulation » de l’époque Reagan ou Thatcher,  ont bien rendu service à ces lobbies.

Difficile d’imaginer que cette oligarchie se limite à des pays de langue anglaise. Certains médias ne sont finalement que des caisses de résonance pour ces intérêts. D’ailleurs le but de la méthode est « d’utiliser les médias pour dominer les opinions populaires ».

Les porte-voix de ces lobbies se permettent parfois de parler de « complot » à propos des activités de scientifiques qui les gênent. L’auteure cite, page 170, le docteur David Egilman, pour qui « ces stratégies (sont) bel et bien une réalité ».

Il y a dans cet ouvrage une démonstration(page 178): les liens encouragés par certains gouvernements entre les unités de recherche , les universités et le monde de l’entreprise sont dangereux car ils mènent aux conflits d’intérêts.

Voici donc un livre dont la lecture est indispensable.

L’avantage d’un vaste secteur authentiquement coopératif et d’un grand secteur public,  est précisément de soustraire une « masse critique » de l’économie à la vampirisation  et aux méthodes de ces multinationales.

Quels sont les porte-voix actuels de ces lobbies? Quelles orientations politiques sont-ils en train de préparer?

A lire, écouter, regarder les médias qui sont sous certains contrôles, on peut facilement formuler une hypothèse, à condition de bien saisir la dimension orwellienne de certains propos!

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