Crimes économiques: de l’écocide à la spéculation ultra-libérale

Nous l’avons vu dans un billet précédent, le crime économique peut avoir des conséquences sur la santé humaine et les équilibres environnementaux fondamentaux.

Persister dans une voie alors que l’on sait que les conséquences seront graves à court ou à moyen terme relève du crime économique. Utiliser de l’amiante a des conséquences sur la santé de ceux qui en respirent les poussières. Continuer les rejets massifs de GES (Gaz à Effet de Serre) risque de modifier les équilibres climatiques naturels, à notre détriment collectif. Voilà pour la caractérisation du délit.

Ensuite, le problème est de savoir si des sanctions juridiques pourraient inciter les « décideurs majeurs »responsables de ces faits à changer de voie.

Une CPI économique pourra-t-elle être mise en oeuvre pour ce qui concerne ce qui a un impact majeur, en particulier planétaire? Quels seront ses pouvoirs de police? Comment les imposer en tenant compte des vieux principes, désuets dans ce domaine parmi tant d’autres, de souveraineté chauvine?

Les crimes économiques se produisent aussi  dans les eaux internationales. Il semble évident que ces eaux ne relèvent pas de juridictions nationales. Alors, dans ce domaine au moins, il est déjà envisageable d’attribuer des pouvoirs juridictionnels à la Cour Pénale Internationale, au moyen d’ extensions de ses compétences actuelles. Les dégazages et autres fuites dans des exploitations de pétrole off-shore situées dans les eaux internationales pourraient alors ne pas rester impunis.

L’exploitation massive de ressources halieutiques entraînant des disparitions d’espèces pourraient connaître le même sort.

L’air également circule tout autour de la terre. Il ne connaît pas les frontières!  Sa pollution a  des conséquences internationales et donc l’atmosphère devrait logiquement relever d’une autre extension des compétences de la CPI.

Pourquoi parler de crime économique, ce qui est plus vague que « crime environnemental »?

Réponse: le système économique fondé sur le laisser-faire passe par toutes sortes d’excès, dont ceux-ci. Cela ne veut pas dire que d’autres systèmes économiques seraient parfaits. L’assèchement de la mer d’Aral est le résultat d’un autre productivisme.

Donner du temps à la réflexion passe par une réflexion sur tous les productivismes et donc sur les systèmes qui les favorisent.

Les conséquences sociétales des crimes économiques sont également à prendre en compte. Favoriser les systèmes liés à l’emprunt à des banques privées sans contrôle sérieux a débouché sur les crises des dettes. Encourager un endettement sans limites pendant des années pour subitement décider que cet endettement était devenu insupportable et ensuite utiliser la spéculation sur les dettes accordées par ces mêmes banques pour augmenter le taux des prêts aux mêmes contrées tout en exigeant la diminution de certaines dépenses (sécurité sociale, retraites, nombre de fonctionnaires), comme par hasard ce qui ne plaît pas aux adeptes du libéral-totalitarisme,  ne devrait-il pas relever du délit de spéculation et être jugé par la CPI ?

Tous ces pays dépensent  des sommes considérables pour l’achat de pétrole avec les conséquences mentionnées plus haut. Qui exige la diminution des importations de pétrole, de gaz,  de charbon ou d’uranium pour rétablir les équilibres financiers du système? Pas grand monde à ma connaissance. Le pétrole c’est du business garanti pour certains lobbies.

D’autres lobbies cherchent à  miner les différentes branches de sécurité sociale pour se repaître des besoins médicaux, par exemple.  La part du PIB consacrée à la santé dans les contrées appelées « développées » augmente selon l’efficacité de ces lobbies et donc la capacité d’accaparement de leurs mandants. La méthode est toujours la même: on prive de ressources certains secteurs dont la gestion est publique, puis on clame que le remède est la privatisation, puis le venin faisant son effet habituel, certains groupes de la population ne peuvent plus accéder à certains soins, mais les capitaux investis sont bien rémunérés! Ce genre de méfait recevra les éloges des libéraux-totalitaires, mais ne devrait-il pas, au contraire , relever du crime économique?

Qui réussira à dissiper le brouillard médiatique qui brouille la vue de tant de nos concitoyens?

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