Le retour partiel à la terre serait-il une solution?

La sanction des crimes économiques liés à la machine infernale, en particulier dans sa version agricole, est indispensable mais elle ne ferait qu’indiquer des limites à ne pas dépasser. Cela ne ferait que freiner les productivismes. L’agriculture industrialisée et financiarisée respecte peu les équilibres naturels. L’abus de chimie pose de graves problèmes de santé, par exemple, à la suite de la contamination de nappes phréatiques par des pesticides. Cela mérite probablement des sanctions à l’encontre de certains pourvoyeurs de produits toxiques. Certes, la quantité d’aliments produits a augmenté, mais cela s’est fait aussi en chassant beaucoup d’habitants des campagnes pour favoriser l’ « agribusiness ». Mais au-delà des sanctions, il y a peut-être d’autres perspectives.

Un phénomène inverse pourrait commencer à se faire par simple impulsion en favorisant ce retour  chez ceux qui rêvent de simplicité volontaire, ici et ailleurs.

Les millions de chômeurs, dans un système devenu localement une absurde machine à éliminer des emplois, pourraient, s’ils le souhaitent, trouver là autre chose que le sentiment de rejet et d’inutilité  inculqué par un système qui, parfois, y ajoute la culpabilisation. D’autres personnes, d’ailleurs, fatiguées par les délires du système, pourraient faire ce choix.

Ce retour peut également être l’occasion de reconstruire sur la base de la coopération et de la dignité pour commencer à remplacer un système carnassier fondé sur la compétition quasi-darwinienne.

Cela suppose une volonté gouvernementale et une autre gouvernance que celle des lobbies du libéral-totalitarisme.

Si l’évolution inquiétante des changements climatiques, complètement occultée pendant les dernières campagnes électorales dans nos contrées, se poursuit, tout devra se faire dans l’urgence avec, c’est à craindre, d’ éventuels retours à la barbarie. Rappelons, en passant, que l’agriculture, en particulier l’élevage bovin, est un grand facteur de rejets de GES, comme le méthane. La riziculture également. Tout cela est lié à la fois au style de vie occidental et à l’accroissement démographique. Les notions de limites, voire de finitude devront bien un jour être prises en compte.

Alors pourquoi cette fuite en avant dans l’écocide alors que d’autres voies existent?

Voici une série de liens à méditer:

http://www.autogestion.asso.fr/?p=1749

http://www.reporterre.net/spip.php?article3048

http://www.reporterre.net/spip.php?article3039

http://dtwin.org/WordDD/2012/07/20/le-gouvernement-de-la-continuite/

http://www.rollingstone.com/politics/news/global-warmings-terrifying-new-math-20120719 ( en anglais)

Tout cela implique sans doute une information alternative par rapport au bruit de fond ultra-libéral répété quasiment à l’infini, dans ce domaine, comme dans tant d’autres.

Finalement, les Amish n’avaient peut-être pas complètement tort de vivre « autrement ».

http://fr.wikipedia.org/wiki/Amish

La dimension religieuse rigoriste est un autre problème!

Publicités
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Le retour partiel à la terre serait-il une solution?

  1. Cher Jean-Michel,
    Nous sommes bien des rêveurs – et le pire est que nous ne sommes pas seuls. Non, ton appel à un retour à la terre n’est pas du pétainisme, évidemment !
    Le problème c’est que les jeunes qui cherchent à s’implanter comme tu sembles le souhaiter … ne trouvent pas de terres cultivables. Les terres sont accaparées par les grandes exploitations agricoles industrialisées d’une part et rongées par l’urbanisation des campagnes autour des grandes villes. L’agriculture a perdu 5 millions d’hectares en 40 ans et continue à perdre de l’ordre de 100 000 ha/an.
    En outre, les impératifs économiques sont d’autant plus prégnants que notre pouvoir d’achat ne va pas s’améliorer – ce qui veut dire que l’agriculture raisonnées ou mieux biologique ne pourra dépasser le taux de main d’oeuvre « classique » que de 30 à 40% maximum. Comme il reste à peu près 1 million d’exploitants agricoles … le retour à la terre n’éliminera certainement pas le chômage !
    Pourtant ce retour partiel aurait un grand mérite : celui de conforter les rangs de ceux qui pensent différemment et agissent en conséquence. Situationnisme agricole, en quelque sorte … Pourquoi pas (j’entends le chant des Colibris). ?

  2. Et si le retour à la terre était un retour au rural … Au delà de la disponibilité des terres, la réappropriation du monde rural par une population désireuse d’une qualité de vie différentes pose une réelle question d’aménagement du territoire, de répartition des activités humaines, de redéploiement de transports collectifs, de solutions innovantes pour régler les questions qui découleraient d’un tel choix …
    Mais ce scénario est-il si incongru ?
    Olivier CHAILLOT
    http://www.dubitare.fr

  3. jmmasson dit :

    Merci Serge et Olivier pour vos contributions, qui incitent à l’approfondissement.
    Pour les terres, cela passe par la volonté politique. Certains outils existent, comme les SAFER. La question est aussi de savoir si une partie au moins des terres ne devrait pas relever des « commons ». Dans certaines régions, il y a des forëts communales. Pourquoi ne pas envisager un remembrement agricole qui prélèverait des terres pour une gestion locale? Ensuite elles pourraient être confiées sous forme de baux à des coopératives authentiques.
    Le plus logique est d’agir progressivement en multipliant les expériences avec ceux qui le souhaitent. Des initiatives comme  »Terre de Liens » sont à encourager.
    En ce qui concerne les transports publics, il serait judicieux de commencer par les périphéries urbaines qui en sont dotées. Une relance du maraîchage local en lien avec des Amap pourrait servir d’exemple.Cela pourrait créer à terme des ceintures vertes et il conviendrait de les sacraliser pour faire cesser l’urbanisation de ces zones. La densification de l’existant serait une piste d’attente.
    Tout ce que je suggère relve uniquement du volontariat dans un cadre politique favorable. Il ne s’agit en aucun cas d’imposer ce retour partiel à la terre.
    Dans les villes, en particulier les banlieues, ily a beaucoup de jardins d’agrément. Les crises en cours et à venir pourraient inciter à les transformer au moins partiellement en potagers et en vergers. Ceux qui le souhaitent pourraient partager la récolte avec des personnes sans emplois qui participeraient au travail, sur le principe du covoiturage. Cela compenserait une partie de la chute du pouvoir d’achat en cours, cela favoriserait aussi les circuits courts.
    D’autres pistes?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s