« Le Prix de l’Inégalité » de Joseph Stiglitz

Dans cet ouvrage, Joseph Stiglitz porte un regard très sévère sur le système économique actuel, qui est inspiré des théories de Milton Friedman. Milton Friedman avait fait faire des travaux pratiques au Chili de Pinochet.
Cela me conforte tout-à-fait dans l’usage du mot « libéral-totalitarisme », qui revient dans de nombreux billets sur ce blog.
C’est, pour M. Stiglitz, une machine infernale qui produit une oligarchie héréditaire, brise le rêve américain, prive les travailleurs de droits acquis péniblement, détruit l’environnement et la démocratie.
Pour autant, M. Stiglitz, ne propose pas vraiment la suppression du « marché », mais, « back to basics », il ne veut plus des accapareurs de rentes.
Il ne propose pas non plus la réduction des énormes entreprises impliquées dans le lobbying qui asservit la démocratie représentative où, au bout du compte, le fondement n’est plus un homme/une voix mais un dollar/une voix. Il propose de relancer une croissance plus saine et moins destructrice. Il ne propose pas une extension de la démocratie à la gestion des entreprises.
Certes, un monde débarrassé des méfaits de l’ultra-libéralisme, et de son poids sur les médias qui formatent les esprits, serait un bienfait. M. Stiglitz est aussi très sévère à propos des médias sous contrôle.
Rien que pour cette analyse et le foisonnement de notes explicatives, cette lecture est un « must ».
Pas étonnant que cet ouvrage récent n’ait pas été annoncé à grands renforts de promotion médiatique et raison de plus pour le lire car M. Stiglitz est un vrai démocrate.
Conscient de la difficulté de la mise en œuvre de ces idées dans ce monde sous contrôle, M. Stiglitz ne nous fournit pas une conclusion très optimiste.
Le Triptyque Economique est fondé sur une division en trois secteurs des activités humaines, fondés sur des structures économiques différentes, dont un tiers libéral. Les idées de M. Stiglitz conviendraient parfaitement à ce secteur. Il ne s’agit évidemment pas de garder un terrain de jeu pour l’économie de casino au service d’oligarchies héréditaires, mais de laisser l’initiative entrepreneuriale donner le meilleur d’elle-même sans sombrer dans les travers du libéral-totalitarisme.
Reste le problème de la foi en la croissance, même alternative. Limiter cet esprit à une partie de l’économie ne serait-il pas une première étape souhaitable?
Les grands monopoles pourraient être divisés ou, pour des domaines jugés importants, reversés dans les « commons ». Les entreprises sans « héritiers » pourraient glisser vers le secteur coopératif.
A vous de lire cet ouvrage qui me semble fondamental:

http://www.telerama.fr/livres/le-prix-de-l-inegalite,86305.php

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