Les murs

Le train avance dans le brouillard,  nous sommes face à lui: une éclaircie va-t-elle nous permettre de l’apercevoir avant d’être laminés?

Les preuves d’une crise majeure liée aux changements climatiques anthropiques se multiplient, mais, comme dans le processus du deuil humain, l’immense majorité de nos concitoyens sont dans le déni.

Voilà ce que pense Paul Gilding dans « The Great Disruption »

Optimiste, il pense que le genre humain réagira au dernier moment malgré les difficultés. Il met en cause l’addiction généralisée au consumérisme dans ce déni de réalité.

Il me semble que le brouillard est bien entretenu par les « Merchants of Doubt » (Naomi Oreskes et E. Conway), mais il est vrai qu’il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut entendre.

Après le déni, il y a parfois la colère, et beaucoup se trompent de colère, où on leur désigne des boucs-émissaires pour éviter la remise en cause généralisée du système économique productiviste.

Il est, toutefois, surprenant que M. Gilding trouve dans les marchés une perspective de solution. Ne seraient-ils pas une cause majeure de l’incitation à la croissance perpétuelle incompatible avec la notion de limite matérielle?

Parfois, la prise de conscience commence par une dépression réactionnelle, puis se succèdent ou s’entremêlent les phases de déni, de colère, de résignation.

Ne sommes-nous pas en plein dans cette situation collective? L’optimisme de M. Gilding, malgré son constat que la crise ne sera jugulée qu’après ses premiers effets très calamiteux, n’est-il pas un  déni d’humanisme? La volonté humaine d’une auto-limitation salvatrice ne pourra-telle se faire entendre avant le retour à la barbarie, même transitoire?

Le Triptyque Économique est une proposition d’alternative économique pour offrir un contexte plus favorable à la sortie du productivisme et de la fuite en avant. Un système économique uniquement fondé sur la concurrence de tous contre tous pour satisfaire un esprit spéculatif débridé ne peut pas s’autoréguler. La situation exige le respect du bien commun, d’où un secteur d’économie collective pour protéger les « commons » et un secteur coopératif étendu pour commencer à substituer l’esprit coopératif à l’individualisme. Cela est-il encore possible si le mur, dissimulé dans le brouillard, est très proche?

Des liens pour réfléchir à toutes les facettes du mur, ou des murs qui nous enferment, car les crises environnementales sont multiples:

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/21/en-chine-le-crime-de-pollution-devient-passible-de-la-peine-de-mort_3434183_3244.html#xtor=AL-32280397 (Le Triptyque Économique refuse la peine de mort)

http://www.legrandsoir.info/grande-bretagne-il-est-grand-temps-de-faire-une-revolution-the-guardian.html#forum95722 (les révolutions sont souvent suivies de longues périodes réactionnaires: je préfère les évolutions)

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2013/jun/16/britain-needs-a-revolution?post_id=100000926224359_592523787455157#_=_ ( texte de départ en anglais)

http://www.monbiot.com/2013/06/21/pistols-at-dawn/ (moins optimiste, en anglais)

http://www.pressegauche.org/spip.php?article13365

Pendant ce temps, l’édifice ultra-libéral, qui n’est pas libertaire, sauf pour le business, complète l’encerclement.

Il y a des opposants à ce système catastrophique pour les plus faibles et désormais pour les classes moyennes, mais la dimension environnementale est-elle suffisamment prise en compte pour préparer d’autres perspectives?

Rappel d’un billet « programme »:

https://jmmasson.wordpress.com/2012/04/13/campagne-evenementielle/

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