à propos du livre « Le capital au 21è siècle » de Thomas Piketty

Parmi les livres à lire, en voici un autre.
Long, mais relativement facile à lire, cet ouvrage donne une vision large et claire des évolutions de notre système économique.
Après la parenthèse liée aux deux guerres mondiales, les structures dominantes reviennent à leur statut habituel: 99 pour cent de nos concitoyens sont sous domination du pour cent constitué par les plus riches. La croissance revient à son rythme habituel et une nouvelle ère de prospérité pour les vrais rentiers s’annonce. Le centile le plus haut dans l’échelle de la richesse s’appuie sur le décile le plus haut tandis que le décile le plus élevé du centile le plus aisé accapare patrimoine et revenu. Vous suivez?
Mon avis: cette structuration de la domination du pour cent est-elle une malédiction? Les oligarchies vont-elles devenir les nouvelles aristocraties qui se reproduiront sans fin? L’élite révolutionnaire des révolutions socialistes n’était-elle qu’un avatar de plus du un pour cent? Ceux qui pensent qu’il est toujours possible d’améliorer la société ne peuvent se satisfaire de ce constat affligeant. Réduire les écarts entre les déciles n’est pas impossible puisque cela a été fait. On peut constater que les gouvernements au pouvoir actuellement semblent résignés à accepter le jeu pervers du un pour cent. Passer à une économie qui réduirait à un tiers du PIB et des emplois la part de l’économie de marché, comme le suggère Le Triptyque Économique », ne préparerait-il pas une évolution vers une LIMITATION de l’emprise des oligarchies?

Autre point intéressant de cet ouvrage: les dettes se liquident soit par la déflation, soit par l’inflation, soit par l’impôt: plutôt que de laisser les très riches prêter aux Etats avec l’argent que ceux-ci auraient pu leur prendre par l’impôt est une machine infernale qui emprisonne. La solution la moins incohérente passe par l’impôt sur les patrimoines les plus élevés. Cela s’est fait jadis… y compris en Amérique du Nord.

Mon avis: la propagande perverse au service du libéral-totalitarisme fait croire aux petits contribuables que l’impôt les dépossède et donc ils courent derrière les oligarchies pour exiger moins d’impôts: cela se traduit par moins de redistribution, moins d’emplois publics et donc par une disparition programmée des classes moyennes. Le livre de Thomas Piketty permet d’avoir une vision d’ensemble des phénomènes de recomposition sociétale au profit des ultra-riches. La presse sous emprise du DIPULT se garde bien d’énoncer la réalité aussi clairement.

Un petit chapitre, vers la fin de l’ouvrage, rappelle la nécessité de prise en compte d’un phénomène majeur lié à l’hyperactivité humaine: les changements climatiques anthropiques.

Mon avis: là, il y a une insuffisance. Les suggestions ne vont que vers l’atténuation du phénomène délétère, qui remet en cause tout le système économique, qu’il soit au profit des oligarchies ou non. Piketty ne nous donne pas une direction suffisamment claire pour envisager d’autres pistes. Pourtant, il y a aussi l’économie circulaire, qu’il n’envisage pas. Par ailleurs, la croissance, même modeste, implique des ressources matérielles, qui sont limitées.

A la fin de l’ouvrage, Thomas Piketty émet un vœu: celui du développement de la « démocratie économique » (page 939). Il envisage cela dans le cadre de la transparence et des conseils d’administration.

Mon avis: c’est bien timide. Le Triptyque Économique suggère le développement massif des structures vraiment coopératives fondées sur le principe un être humain, une voix, sur l’essaimage des modèles alternatifs qui « marchent »,  plutôt que sur la croissance des « entreprises ». Mais l’idée de « démocratie économique » est une piste très intéressante.

Plusieurs fois dans l’ouvrage de Thomas Piketty, l’idée que la croissance économique est liée à la croissance démographique est répétée. J’aurais aimé trouver des éléments de preuve de cette idée. La question que j’aimerais poser est de savoir combien d’habitants peuvent vivre dignement sur cette planète sans la saccager.

http://piketty.pse.ens.fr/fr/

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2 commentaires pour à propos du livre « Le capital au 21è siècle » de Thomas Piketty

  1. Denis Garnier dit :

    Aujourd’hui, l’empreinte écologique individuelle moyenne est de 2,7 hectares, c’est-à-dire que nous utilisons 2,7 hectares par personne pour notre consommation et l’absorption de nos déchets, et ce alors que nous ne disposons que de 1,8 hectares par personne, qui correspondent à la biocapacité moyenne individuelle.
    La question qui vient à l’esprit est évidemment la suivante : comment est-ce possible ? Comment peut-on consommer plus que ce qui est produit par la planète ? Eh bien, tout simplement, en prélevant au-delà de ce qui est renouvelable, en puisant de façon inconsidérée dans le capital de la Terre : par exemple nous vidons les océans de leurs poissons ou encore nous asséchons les nappes phréatiques…
    On peut alors dire la chose suivante : en ressources renouvelables, la planète ne dispose que des 2/3 de nos besoins (1,8 / 2,7). Dès lors, si l’on applique ce ratio à notre effectif actuel de 7,2 milliards, on peut en conclure qu’avec le style de vie moyen que nous avons actuellement, la population maximale que peut accueillir la planète de façon relativement durable est égale aux 2/3 de ces 7,2 milliards, c’est-à-dire 4,8 milliards d’habitants seulement !
    Si l’on rapproche enfin ces 4,8 milliards des 9,6 prévus en 2050, on peut dire qu’à cette date, si nous n’avons toujours pas changé notre comportement, la planète ne disposera de ressources pérennes que pour la moitié d’entre nous…

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