Nationalisme et Ecologie

Depuis longtemps, les droites extrêmes ont recyclé le sens des mots pour semer la confusion dans des esprits souvent enclins à la confusion.
Les manipulations lexicales orwelliennes sont fréquentes, en particulier dans les secteurs droitiers, mais malheureusement, elles ne sont pas si rares ailleurs non plus.

Avant et pendant la seconde guerre mondiale, le mot « socialisme » a ainsi été galvaudé et détourné de son sens d’origine pour donner notamment le « national-socialisme ». L’histoire a montré ce à quoi a conduit cette manipulation lexicale. Le mot socialisme a suffi pour attirer comme des lucioles des personnes qui parfois sont ainsi passées de la gauche de la gauche, de la gauche tout court, à la droite de la droite.
Inversement, le socialisme dit « réel » a également trahi les espérances de beaucoup de femmes et d’hommes qui rêvaient de libération mais aussi de liberté d’expression, notamment.
De nos jours certains utilisent encore ce terme,  tout en prenant des décisions qui ne sont guère en harmonie avec la pensée des fondateurs de l’approche socialiste.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisme

Pendant cette dernière guerre mondiale, des résistants français s’étaient unis sous un nom, qui lui aussi depuis, a été réutilisé, mais pas vraiment dans l’esprit du CNR:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Front_national_(R%C3%A9sistance)

Là encore une certaine confusion peut naître de l’usage de ces deux mots. A l’origine, le mot « national » ne voulait pas dire « nationaliste », pour la plupart des résistants. Actuellement, d’autres mots sont accaparés, comme « patriote » ou « laïque ».

La machine à dévoyer les mots des autres continue de fonctionner, même si les violences et certaines outrances sont actuellement devenues beaucoup plus rares, dans ce domaine.

Depuis quelques décennies, de nouveaux courants politiques sont apparus dans le domaine de l’écologie. Les pressions anthropiques sur l’environnement ont favorisé l’éclosion de mouvements qui ont sensibilisé une partie de la population à ces problématiques, en particulier à celle du climat, que nous altérons gravement.
La machine à recycler les bonnes idées des autres est donc de nouveau à l’œuvre avec comme souvent une probabilité de récupération d’électeurs désorientés, ce qui est sans doute l’objectif.
Ainsi, notre droite nationaliste s’empare depuis peu de ces sujets, en omettant, ce qui est révélateur, de mentionner le problème fondamental du climat, et surtout la gouvernance mondiale qu’il implique, probablement incompatible avec l’idéologie de ce genre de mouvement. Pour le nationalisme exacerbé, rien ne peut s’imposer au-delà de la nation: résultat le mot climat n’apparaît pas, ce qui frise le négationnisme climatique:

http://www.theguardian.com/environment/2014/dec/18/french-national-front-launches-nationalist-environmental-movement

http://www.huffingtonpost.fr/2014/12/07/fn-ecologie-patriote-preference-nationale-vert_n_6255314.html

Non, comme les nuages radioactifs qui jadis auraient contourné nos frontières, la crise climatique ne nous épargnera pas et elle nécessite beaucoup plus qu’un verdissement apparent local. Pour les problèmes mondiaux, il faut des politiques mondiales. Cela ne peut évidemment que déplaire à qui place la nation au-dessus de tout. La crise climatique anthropique implique une citoyenneté mondiale et non pas un recroquevillement chauvin. La nation, dans le domaine des changements climatiques anthropiques, ne peut qu’adapter localement, des décisions mondiales nécessaires. Pour ce qui nous concerne, le facteur 4 implique une diminution des trois-quarts de nos rejets de GES, mais cela n’aura vraiment de sens que si toutes les nations mettent en œuvre des objectifs contraignants. On sait bien imposer des mesures économiques quand certains intérêts sont menacés, or la menace climatique est d’une toute autre ampleur.

Par ailleurs, l’idée de décroissance est évacuée d’un trait de plume dans ces écrits. Il y a des domaines où elle s’impose, comme celui des rejets de GES (Gaz à Effet de Serre). Cela implique une vision à moyen terme incompatible avec un certain populisme, qui n’imagine pas que notre type de société ne puisse être éternel.

Les migrations risquent de se multiplier si les effets prévus des changements climatiques s’accentuent, y compris, en interne, dans nos propres régions. La modification du niveau des mers, la modification de la pluviométrie auront de forts impacts sur des zones densément peuplées: les mots concernant les flux migratoires sont inquiétants car ils présagent du refus généralisé de l’Autre.

Le refus de prendre en compte la crise climatique est aussi, curieusement, l’apanage de certains lobbies liés à de grosses multinationales:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Marchands_de_doutes

http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2010/08/qui-sont-les-milliardaires-derri%C3%A8re-les-tea-parties.html

http://www.theguardian.com/world/2010/oct/24/tea-party-climate-change-deniers

Il y a des collusions d’intérêts divers qui luttent contre la prise en compte de la nécessité d’une gouvernance mondiale pour atténuer les changements climatiques anthropiques. Les mêmes intérêts ne peuvent qu’être partagés par des entreprises de nos contrées qui œuvrent dans des domaines similaires et le national-capitalisme ne changerait rien à ce phénomène. Une forme plus locale d’esprit prométhéen peut se conjuguer à ces intérêts.

Décidément, les fausses-pistes vont se multiplier, ce qui va accroître la confusion dans les esprits si les valeurs du progrès humain ne sont pas bien ancrées:

http://www.reporterre.net/spip.php?article6699

Comme en parallèle, beaucoup de nos gouvernants et l’Europe traitent les questions environnementales avec une certaine légèreté, le risque est bien de voir d’autres déçus se précipiter à nouveau vers de fausses pistes:

http://www.lemonde.fr/pollution/article/2014/12/16/la-commission-europeenne-devrait-abandonner-les-paquets-air-et-economie-circulaire_4541368_1652666.html#xtor=AL-32280270

Comment résister à tous ces « carpetbaggers » des temps modernes?

http://en.wikipedia.org/wiki/Carpetbagger

Une seule solution, une éducation alternative,  mais le temps presse:

http://www.reporterre.net/spip.php?article6727

La remise en cause du pouvoir des grosses multinationales est parfois également récupérée par des mouvements chauvins. C’est une nuance avec les Tea-Parties. Mais rappelons-nous que les mouvements ultra-droitiers de jadis tenaient des propos de ce type, puis ont facilité la tâche des très grosses entreprises de leurs contrées.

Il ne suffit pas de parler d’écologie pour être écologiste et il ne suffit pas de parler de lutte contre les multinationales pour avoir un certificat de citoyenneté économique. L’alternative économique implique de renoncer à un système incohérent, puis de construire une autre société, fraternelle et non poujadiste. Cela passe par la promotion généralisée de l’initiative coopérative, que recommande Le Triptyque Économique, et elle est inspirée par l’esprit du programme du CNR auquel il convient d’ajouter la dimension environnementale inexistante à l’époque.
Des relocalisations s’imposent, non pas pour des raisons chauvines, mais pour réduire considérablement les transports absurdes en tout sens qui sont une cause importante des rejets de GES.
Tendre vers l’autonomie énergétique citoyenne s’impose pour réduire les pesanteurs liées aux mastodontes de l’énergie sale, d’ici ou d’ailleurs. Les courants droitiers sont souvent ambigus par rapport au libéralisme économique et souvent silencieux sur les solutions qui favorisent l’autonomie énergétique locale et citoyenne, car elle supprimerait des « marchés » captifs et donnerait vraiment du pouvoir local.

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