« Or Noir » de Matthieu Auzanneau

Sous-titré « La Grande histoire du Pétrole », cet ouvrage très documenté fait notamment le point sur les perspectives. Elles ne sont pas réjouissantes.
Après sa découverte, cette source d’énergie abondante a connu une exploitation dont la croissance est vite devenue exponentielle. Les structures économiques qui exploitaient la ressource ont connu un développement similaire, qui a donné « Big Oil », les multinationales du pétrole, qui ont fini par coloniser le pouvoir politique dans certains pays. Elles ont aussi favorisé le passage à l’ultra-libéralisme, appuyé sur la dématérialisation des monnaies.
L’amoncellement des rejets de GES provoquant les changements climatiques anthropiques et leur cortège de menaces a tout de suite été perçu par « Big Oil » comme une menace sur ses intérêts et le financement massif du climato-scepticisme n’est pas à leur honneur.
Après le passage récent du pic de production, une course est enclenchée pour tenter désespérément de satisfaire les besoins créés par une société dépendante de la ressource. Nous en sommes aux sables bitumineux, au gaz de schiste, aux forages profonds. Les tentatives de relance de la croissance sur ces bases sont vouées à l’échec.
L’atterrissage va être brutal et peut-être catastrophique, la démultiplication démographique augmentant considérablement les besoins.
Ce livre est un « must ». Il faut le lire pour tout mettre en perspective, y compris nos « sciences » économiques et politiques.

Confondant leurs intérêts avec ceux de BIG OIL ou de ses petits concurrents, certains pays ont commis toutes sortes d’excès pour accaparer la ressource. Ce qui se passe au Moyen-Orient prépare-t-il une nouvelle phase de ce type? Les groupes fanatiques qui se développent localement ne vont-ils pas donner une occasion de troisième aventure guerrière pour s’emparer du dernier pactole accessible de pétrole conventionnel? Qui donc a intérêt à les laisser se développer?

Pour le Triptyque Économique, il est urgent de passer à d’autres structures économiques, économes en énergie, avant un effondrement brutal lié à un éventuel arrêt brutal des disponibilité en pétrole. La lenteur du passage aux énergies alternatives est autant effarante que scandaleuse. Comme l’a écrit Naomi Klein dans « Tout peut changer », cela passe par une sortie de l’emprise des multinationales dont l’essentiel est parfois appelé « Corporate America » , à l’origine de l’ultra-libéralisme. La boucle est bouclée! Au lieu de se lancer dans une course à l’échalote absurde pour des tentatives de relance vouées à l’échec, nos contrées devraient préparer activement et intelligemment le passage à l’après-carbone ( pétrole, gaz et charbon), par humanisme, et respect pour les populations nombreuses. Cela passe par une désintoxication collective, une éducation et une information qui expliquent clairement les enjeux, tout cela si l’on veut conserver l’essentiel des « progrès » qu’ a permis  le pétrole.
L’heure n’est plus à la construction d’un énième aéroport énergivore, même si les toitures sont végétalisées, l’heure est à la sobriété, première étape, l’heure est à la relocalisation de tout ce qui peut l’être, seconde étape.

Addendum 2017: l’arrivée des lobbies pétroliers au pouvoir avec Trump est un grand pas en arrière. L’ultra-libéralisme  se transforme en national-oligarchisme.

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